• Press Releases

    The Lebanese Association for the Philosophy of Law is launching a project to be implemented during the seven coming months. The project aims at the inclusion of "Philosophy of Law" or "Jurisprudence" in the curriculum of the Lebanese University due to the importance of this subject matter in the strengthening of the Lebanese legal institutions and the furthering of the Rule of Law. The project is funded through the United States Agency for International Development (USAID) -Transparency & Accountability Grants Project- managed by AMIDEAST/Lebanon

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  • Pamphlet

    The best way to advance Good Governance and Transparency by generating within the juridical community and the wider society an awareness of the importance of legal philosophy on the democratic process, is to introduce “Philosophy of Law” to our national curriculum.

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  • Poster

    To introduce “Philosophy of Law” to the curriculum of the Lebanese University’s Law Degree.

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Proposition Decret

La justification de la proposition relative à l’introduction de la matière « La Philosophie du droit » dans le programme d’enseignement universitaire à la faculté de droit et des sciences politiques et administratives de l’université libanaise Proposition présentée par Georges Saad, professeur à la faculté de droit et des sciences politiques et administratives de l’université libanaise.

Nous sommes un groupe d’enseignants à la faculté de droit et des sciences politiques et administratives qui désirons présenter cette proposition poussés par notre conviction que la philosophie du droit a une importance considérable dans l’enseignement du droit. Alors que la philosophie du droit était soumise presque complètement jusqu’au dix-huitième siècle aux théories du droit naturel, rationalistes ou religieuses et servaient essentiellement à légitimer les régimes politiques autoritaires, elle acquiert de nos jours une importance grandissante et sert de référence et d’appui dans beaucoup de décisions juridictionnelles. En un mot la philosophie du droit humanise l’approche juridique et fait descendre le droit de son trône. La philosophie du droit redonne au droit son rôle originel, celui de faire régner la justice, et responsabiliser la puissance publique.

Qui dit approche philosophique dans l’adoption d’un texte (parlement), la lecture d’un texte (travail du juge, des avocats ou des juristes) dit par le fait même aller au fond des choses pour voir comment le voleur a volé, pourquoi le fonctionnaire a touché de l’argent illégal, pourquoi le criminel a tué… La philosophie du droit c’est revenir aux textes fondateurs des idées de justice, d’égalité et de liberté (Platon, Socrate, Aristote). Que de régimes autoritaires et que d’injustice depuis l’âge d’or des Grecs ! Certes nous partons d’une hypothèse que pourrait contester certains auteurs : le juriste philosophe serait humain, alors que le juriste, lecteur positiviste formaliste du texte s’éloignerait de l’approche humaine et a tendance à appliquer la loi de manière figée, glacée, froide. Et quand on sait que le droit est une superstructure dans une société qui n’est pas à l’origine égalitaire, nous comprenons qu’une telle approche positiviste nuit beaucoup.

C’est cela qui explique que la philosophie du droit est de plus en plus enseignée dans les universités du monde ; notamment aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, et actuellement de plus en plus en France.

Elle ne figure dans aucun cursus universitaire de la licence en droit dans aucune université libanaise, et même, nous le croyons, dans le monde arabe. Or nous avons constaté que la philosophie du droit est présente dans les travaux des juristes libanais et, fait remarquable, dans le travail des juges libanais. En effet dans la dernière dizaine d’années un nombre croissant de juges libanais rend des décisions juridictionnelles à caractère très philosophique : en matière d’adoption (John Qazzi), de responsabilité administrative, de droit pénal (Khaled Hammoud et Ralph Riachi), de droit à un procès équitable (arrêt Elias Ghosn du Conseil d’Etat), etc.. Aux Etats-Unis et en Europe des philosophes du droit font de plus en plus parler d’eux : Habermas, Hart, Rawls, Dworkin, Troper.. et des groupes de juristes anti-positivistes se constituent (Michel Miaille, Philippe Dujardin en France).

Or le passé juridique au Liban comme dans le monde arabe est riche d’écrits juridiques philosophiques : contentons-nous ici de citer l’apport considérable des jurisconsultes musulmans à travers leurs innombrables travaux dans les différentes écoles religieuses islamiques, ainsi que les travaux des jurisconsultes chrétiens orientaux. Etudier la philosophie du droit dans les facultés du droit, c’est aussi une reconnaissance rendue à la philosophie du droit en Orient. Enfin étudier la philosophie du droit c’est une ouverture d’esprit pour nos étudiants qui fuient de plus en plus un enseignement de droit dur et figé, surtout en droit privé ; c’est de même une ouverture d’esprit pour les enseignements, victimes eux aussi, d’une conception trop positiviste du droit et de l’ordonnancement juridique.

Dans la justification de notre proposition (dont cet aperçu en français n’en est qu’un petit résumé) nous avons exposé et analysé un arrêt du Conseil d’Etat libanais (arrêt Elias Ghosn) où le juge administratif libanais a déployé de gros efforts d’analyse et d’interprétation philosophique pour pouvoir éviter l’application d’une loi répressive qui interdisait de présenter tout recours juridictionnel contre les décisions disciplinaires rendues par le Conseil disciplinaire de la fonction publique. Nous espérons vivement que les autorités libanaises académiques, administratives et politiques vont répondre positivement à notre projet consistant à renforcer la culture de la philosophie du droit et à introduire la philosophie du droit comme matière d’enseignement dans les programmes d’enseignement de la licence en droit à la faculté de droit et des sciences administratives et politiques de l’université libanaise..

AMIDEASTUSAID

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